Pierre de Vérone


PIERRE DE VÉRONE (ANVERS, 1656-1659)

[Le Mariage Mystique de Catherine d’Alexandrie]
Pieter VAN LISEBETTEN (1630-1678), graveur
D’après Domenico FETTI (1589-1623), peintre
D’après David II TENIERS (1610-1690), peintre
David II TENIERS (1610-1690), éditeur
Vers 1656-1659
Eau-forte et burin
C. de pl. : 30,5 x 21 cm

 

 

 

Planche pour Davidis Teniers Antverpiensis, Pictoris, et a cvbicvlis Sermis Princibvs Leopoldo Gvil. Archidvci, et Ioanni Avstriaco Theatrvm Pictorivm. In quo exhibentur ipsius manu delineata, eiusque curâ in æs incisæ Picturæ Archetipæ Italicæ, quas ipse Sermus Archidux in Pinacothecam suam Bruxellis collegit. Eidem Sermo Principi Leopoldo Gvil. Archidvci, &. ab avctore dedicatvm, Brvxellæ, Svmptibvs avctoris, Anno M. DC. LX., Antuerpiæ, Exstant apud Henricum Aertssens, Typographum.
France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : AC-3 (A)-PET FOL.
Ici, Pays-Bas, Haarlem, Teylers Museum, KG 05652[1].

© Teylers Museum

[1] De manière incompréhensible, alors que la planche est signée, la notice en ligne du musée attribue la gravure à Quirin Boel (1620-1668).

Lettre
Dans la marge inférieure
D. Fetti p. 14 Alta. 8 Lata. 222 P. Lisebetius S.

Image
Au centre de l’estampe, la Vierge Marie est assise, tenant l’Enfant Jésus sur les genoux. La tête de la Vierge est couronnée de perles et auréolée d’étoiles. De la main gauche, Marie retient l’Enfant et de la droite, elle conduit Catherine d’Alexandrie vers son fils qui lui passe une bague au doigt. La sainte est agenouillée sur la gauche de l’image. La couronne et le fragment de roue sur lequel elle prend appui sont ses attributs, en référence à son statut et à son supplice. Derrière elle, se tient saint Pierre de Vérone identifiable à son habit et au sabre encastré dans son crâne. Tandis que ces personnages sont sur un emmarchement, saint Dominique se tient bien droit au pied des marches, sur la droite de l’image. Il n’est pas auréolé mais l’habit, l’étoile sur le front, la branche de lys et les livres suffisent à l’identifier. La scène se déroule dans un intérieur ouvert sur l’extérieur par une baie cintrée. Un rideau repoussé sur la gauche forme un décor solennel au mariage mystique. Si Pierre de Vérone semble captivé par la scène, le regard de Dominique tourné vers le spectateur l’invite à contempler Catherine d’Alexandrie, patronne de l’Ordre des Prêcheurs.

États
Premier état : la numérotation « 222 » est absente ; France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : AC-3 (A)-PET FOL ; Lyon, Bibliothèque municipale, Fonds des estampes des jésuites de Chantilly
Second état, celui décrit : Pays-Bas, Haarlem, Teylers Museum, KG 05652

Bibliographie
1954, HOLLSTEIN, t. 11, p. 85, n° 7 ; 2006, VAN CLAERBERGEN, p. 11-63 ; 80-81 (sur les éditions du Theatrum Pictorium)

Commentaire
David Teniers réalisa en 1651 une copie du tableau de Domenico Fetti (voir Œuvres en rapport) en vue de fournir un modèle aux graveurs devant publier le catalogue illustré de la collection de peintures italiennes de l’Archiduc Leopold Guillaume, gouverneur des Pays-Bas méridionaux (1646-1656). L’album, le Theatrum Pictorium, fut publié à Anvers en 1660. Sur les 246 planches de l’ouvrage, 40 sont de la main de Pieter van Lisebetten. L’estampe présentée constitue la page 222.
L’ouvrage fut d’abord publié à Bruxelles chez Hendrik Aertssens en 1660 et vendu à Anvers par Abraham Teniers (1629-1670[1]). La publication fut aux frais de David Teniers, l’Archiduc Leopold Guillaume ayant rejoint l’Autriche avec sa collection.
L’ouvrage fut réédité à Anvers en 1673, « avx despens de la vefve d’Abraham Teniers[2] ». À partir de cette édition les planches portèrent leur numéro. Comme l’indique le titre illustré, le livre pouvait alors être acquis à Anvers chez Jacques Peeters qui devint l’éditeur de la troisième édition en 1684[3].
Une quatrième édition porte l’adresse : « Antwerpiæ apud Henricum et Cornelium Verdussen, Typographos, sub Leone aureo ». Elle est sans date[4].
Enfin, en 1775, une édition en français (Le Grand cabinet des tableaux de l’archiduc Léopold Guillaume […]) fut publiée, sous une fausse adresse à Amsterdam et à Leipzig et sous le pseudonyme Arkstée et Merkus pour l’éditeur[5].

[1] L’exemplaire de la Bibliothèque nationale de France porte un titre en latin. Pour un titre en flamand, voir Autriche, Vienne, Österreichische Nationalbibliothek – cote : 274989-D. Pour un titre en français et un titre en espagnol, voir Van Claerbergen, p. 81.
[2] Italie, Rome, Biblioteca Di Archeologia E Storia Dell’Arte – cote : RARI V 6. Avec le titre en français : Espagne, Madrid, Biblioteca Nacional – cote : ER/819. La page de titre en français ajoute après la mention de l’adresse « ou on les trouvent [sic] à Vendre », mention qui laisse penser que les estampes pouvaient être acquises séparément au gré des goûts et selon les bourses.
[3] France, Paris, Bibliothèque Sainte-Geneviève – cote : FOL W SUP 210 INV 330 RES.
[4] Israël, Jérusalem, The National Library of Israel – cote : 003191205.
[5] France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : V-2684.

Œuvres en rapport

Le Mariage Mystique de Catherine d’Alexandrie
David TENIERS Le jeune (1610-1690)
1651-1656
Huile sur panneau de chêne
30,5 x 21 cm
Royaume-Uni, Londres, The Wallace Collection, P638.

© The Wallace Collection

 

 

Le Mariage Mystique de Catherine d’Alexandrie
Domenico FETTI (1589-1623)
Vers 1620
Huile sur toile
220 x 144,5 cm
Autriche, Vienne, Kunsthistorisches Museum, 167.

© Domaine public