Pierre de Vérone


SAINT PIERRE MARTYR (VENISE/PADOUE, 1691)

S. Petrvs Martyr
Noël Robert COCHIN (1622-1695 ?), dessinateur et graveur
D’après Tiziano VECELLIO (dit TITIEN, vers 1488-1576), inventeur
S. d. [1691]
Eau-forte et burin
C. de pl. : 29,4 x 18,4 cm

 

 

 

 

 

Planche pour Charlotte-Catherine PATIN (1672?-1744), Tabellæ selectæ ac explicatæ a Carola Catharina Patina. Parisana Academica, Patavii, Ex Typographia Seminarii, 1691, p. 139.
France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : V2665.

© Claire Rousseau

Lettre
Sous le trait carré de l’image
S. PETRVS MARTYR A MANICHÆIS INTERFECTVS. / Titianus pinxit Venetijs, in templo Dominicanorum. / N. Cochin del. et sc.

Image
À l’orée d’un bois, Pierre de Vérone est pris à parti par un homme armé d’une épée qui le renverse. Son compagnon, lui aussi dominicain, tente de s’enfuir. La fulgurance de la scène est exprimée par le mouvement des vêtements et les gestes des deux religieux qui expriment surprise et panique. Dans le haut du tableau cintré, entre les branches, des anges viennent déjà apporter la palme du martyre.

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : V2665

Bibliographie
1825, GALEANI NAPIONE, p. 32, n° 3 ; 1839, ROBERT-DUMESNIL, t. 4, p. 201 ; 1954, IFF, t. 3, p. 88, n° 18 ; 2008, CALLEGARI, p. 66-67, fig. 16

Commentaire
L’ouvrage de Charlotte-Catherine Patin, fille de Charles Patin, est une sorte de musée virtuel dont chaque œuvre est commentée. En 1691 deux éditions furent proposées. Celle dont est extraite la présente planche, rédigée en latin et imprimée à Padoue, l’autre rédigée en italien et imprimée sous le nom de Pierre Marteau à Cologne, éditeur fictif[1]. Sans doute s’agissait-il de pouvoir faire pénétrer l’ouvrage en France, la famille vivant en exil.
L’ouvrage contient 40 reproductions de tableaux. Outre celui-ci, il faut relever la reproduction du tableau de Ludovic Carrache, figurant l’apparition de la Vierge Marie à saint Hyacinthe [Cat. 215].
L’œuvre du Titien, réalisée en 1530 pour l’église SS. Giovanni e Paolo des dominicains de Venise, ayant brûlé en 1867, l’estampe constitue un témoignage de son existence au XVIIe siècle. Cependant, nul ne peut évaluer la fidélité de l’œuvre à son original, d’autant plus que la présente estampe fut précédée d’autres tailles-douces, certaines du XVIe [2].

[1] Pitture scelte e dichiarate da Carla Caterina Patina. Parigina Accademia, In Colonia, Appresso Pietro Marteau, Si vendono in Venezia dall’Hertz, 1691. France, Lyon, Bibliothèque municipale – cote : Rés Est 30436.
[2] Par exemple, celle de Martino Rota (vers 1540-1583), éditée à Venise par Luca Guarinoni (actif à Venise en 1568-1569). Burin, c. de pl. : 39,7 x 27,2 cm. États-Unis, New York, The Metropolitan Museum of Art, 17.50.16–155.