Albert le Grand


ALBERT LE GRAND (GRENOBLE, 1686)

 

 

 

 

B. Albertvs magnus
Laurent GILIBERT (?-1689), éditeur
S. d. [1686]
Burin
C. de pl. : 17 x 15,5 cm

 

Illustration pour le placard de thèse de Claude De Pina et Étienne Morel, Theses Logicæ, Grenoble, 1er février 1686.
France, Grenoble, Bibliothèque municipale – cote : V.1317.

© Claire Rousseau

Lettre
1. Sur le livre tenu en main par Albert le Grand
B. ALBERTVS / magnus / Deiparæ / philosoph
2. Sous l’image, à droite
gilibert f. gratianop.

Image
Dans un ovale, Albert le Grand est présenté en 3/4, légèrement de trois-quarts, le visage baissé vers la gauche. Il est vêtu de l’habit de son Ordre mais, en arrière-plan sur la droite, une crosse et une mitre évoquent la charge épiscopale qui fut la sienne. De l’index droit, Albert montre les lignes écrites sur un livre ouvert qu’il tient de la main gauche et qu’il ne regarde pas. L’arrière-plan est constitué de tailles croisées. Une large bordure encadre la figuration. Les tailles des écoinçons sont horizontales.

États
Un seul état : France, Grenoble, Bibliothèque municipale – cote : V.1317

Bibliographie
1884, MAIGNIEN, p. 321 ; 1887, MAIGNIEN, p. 155 ; 1968, IFF, V, p. 3, n° 66 et 67

Commentaire
Au n° 67, l’IFF identifie le personnage du placard comme étant Thomas d’Aquin. S’il y eut un placard de thèse pour les mêmes impétrants portant une figuration de Thomas édité par Laurent Gilibert, il n’a pas été repéré dans le fonds de la Bibliothèque municipale de Grenoble. L’IFF suit sans doute la mention erronée de l’ouvrage d’Edmond Maignien sur l’imprimerie, les imprimeurs et les libraires à Grenoble.
La succincte description du n° 66 correspond en revanche à la présente illustration. Elle suit un autre ouvrage d’Edmond Magnien sur les artistes grenoblois.

Il semble surtout important de signaler la parenté iconographique entre cette estampe et celle éditée chez la veuve de Balthasar Moncornet [Cat. 1607]. Il est vraisemblable que Laurent Gilibert ait fait copier l’estampe parisienne, élément d’une série, plutôt que l’inverse. L’utilisation de la gravure grenobloise pour un placard de thèses soutenues au couvent des Frères Prêcheurs, le 1er février 1686, laisse penser que la série parisienne fut éditée avant cette date, ce qui resserre le créneau de création de 1672 à 1686.
L’hypothèse reste fragile car une tierce œuvre a pu servir de modèle aux deux créations, parisienne et grenobloise.

Peu de choses sont connues au sujet de l’éditeur mais il faut signaler qu’il fut enterré dans le couvent des dominicains de Grenoble, ce qui dit le lien étroit qu’il entretenait avec l’Ordre.