Agnès de Montepulciano


AGNÈS DE MONTEPULCIANO (BESANÇON ?, AVANT 1660)

Diev a tellement aymé le monde
Jean de LOISY (1603-vers 1660), graveur
S. d. [avant 1660]
Burin
Épreuve rognée : 15 x 11,3 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rc-36, t. 1 bis, M62578.

© Claire Rousseau

 

 

 

 

Lettre
1. Dans le bas de l’ovale
Jean de loysi fecit
2. Sous l’ovale
DIEV A TELLEMENT AYMÉ LE MONDE / quil luy a donne son fils Vnique an St Iean.3 chap

Image
À l’intérieur d’un ovale, la Vierge Marie se tient debout sur la droite. Elle présente l’Enfant Jésus à la bienheureuse Agnès de Montepulciano qui le soutient de la main gauche. L’Enfant esquisse un geste de bénédiction vers la religieuse agenouillée, l’autorisant à se saisir de la petite croix qu’il porte sur un collier de perles passé à son cou. Au sol, des fleurs, dont deux tulipes, poussent. L’ensemble de la scène est baigné de rayons de lumière divine.

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rc-36, t. 1 bis, M62578

Commentaire
En l’absence d’indication de nom pour la religieuse, il est compréhensible que les conservateurs de la Bibliothèque nationale de France aient classé cette estampe dans un recueil d’images liées au Rosaire. Cependant, le collier de perles passé au cou de l’Enfant Jésus n’est pas un chapelet ou un rosaire. Il suffit de comparer cette estampe aux précédentes pour comprendre que chaque graveur a donné un aspect bien particulier à la croix reçue par Agnès de Montepulciano. Quoi qu’il en soit de la préférence d’un collier de perles ou d’un ruban, la présente estampe du graveur bisontin est redevable à celle de Cornelis Galle [voir page précédente], à moins qu’il y ait eu de tierces productions parisiennes, copies fidèles ou en contreparties de l’anversoise.
En outre, la présente estampe est une copie provinciale de l’estampe parisienne éditée chez Balthasar Moncornet (1598-1668) [voir page précédente]. La scène a simplement été placée dans un ovale mais la lettre a gardé la graphie si particulière « quil » et « an ». Il est possible que Balthasar Moncornet ait lui-même imprimé une seconde version de l’estampe avec cet ovale qu’il utilisa fréquemment pour la production de portraits.
Parmi les fleurs poussées là où Agnès a posé les genoux, les tulipes, fort prisées et excessivement onéreuses au XVIIe siècle, sont révélatrices de l’extraordinaire de l’événement.