Agnès de Montepulciano


AGNÈS DE MONTEPULCIANO (ANVERS ?, VERS 1650 ?)

[Bienheureuse Agnès de Montepulciano]
Cornelis I GALLE (1576-1650) ou Cornelis II GALLE (1615-1678), graveur ?
S. d. [milieu du XVIIe siècle]
Burin
Épreuve rognée : 25,5 x 14,5 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rd mat3a Fol. (Rose de Lima, sainte).

© Claire Rousseau

 

 

 

 

Lettre
Sous l’image dans un cartel

Adm. Rdo Patrj / P. CHRISTOPHORO MEICHSNER / Tertiò Priori FF. Prædicatorum, / Prædicatori Generalj, / Sororum 3æ Reg. Magistro Directorj / Hancce votiuam tabellam serio affectu cultuquem / D. C. Q. Fr E. B.

Image
La mise en scène place les personnages sur un bord de muret. À gauche la Vierge Marie, debout, retient de la main droite son manteau, tandis que de la gauche elle confie l’Enfant Jésus à Agnès de Montepulciano. La religieuse est agenouillée sur la droite de l’image, vêtue de l’habit de son Ordre. Elle « joue » avec la croix d’un collier de perles passé au cou de l’Enfant qui la bénit. À ses genoux des fleurs dont une tulipe poussent. Dans le ciel, à gauche, la Trinité veille sur l’événement tandis que des putti en sont témoins sur la droite. Une pluie de flocons blancs tombe sur la tête et le manteau de la religieuse.

États
Un seul état :
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rd mat3a Fol. (Rose de Lima, sainte) ; Ec 67a Fol., R139978bis

Commentaire
À la Bibliothèque nationale de France, l’exemplaire de l’estampe présentée ici est classée au nom de sainte Rose de Lima. Cependant il ne peut y avoir de confusion d’identité tant la mise en scène correspond aux évènements de la vie d’Agnès de Montepulciano dont le culte fut élargi à tout l’Ordre en 1601. Une année, la veille de l’Assomption, Agnès vit apparaître la Vierge Marie tenant l’Enfant Jésus dans ses bras. Elle lui demanda de pouvoir le tenir à son tour pendant quelques instants et ôta de son cou une petite croix. D’autre part, les récits de sa vie exposent qu’elle sortait de l’oraison le manteau couvert d’une manne blanche, semblable à de la neige et que d’autres fois, des fleurs jaillissaient soudain de terre, là où elle avait posé les genoux.
Le dédicataire, Christophorus Meichsner, reçut en 1643 une autre estampe sur le thème de l’Eucharistie, estampe gravée par Hendrik Snyers d’après un dessin d’Abraham Van Diepenbeeck et une œuvre peinte de Pierre-Paul Rubens [Cat. 459]. C’est la datation de cette estampe qui suggère que la présente ait été exécutée au milieu du XVIIe siècle.
Le donateur, dont seules les initiales nous sont connues, E. B., offrit également une estampe au sous-prieur du couvent d’Anvers. Gravée par Michel Natalis d’après un dessin d’Abraham Van Diepenbeeck, l’image représente saint Raymond, patron du dédicataire [Cat. 313]. La composition de l’image est analogue à celle de la présente estampe. Les initiales E. B. pourraient être celles du Frère Eduardus Bilius (Edward Byl), du couvent d’Anvers, décédé le 5 avril 1669. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont un recueil sur la vie des Sœurs [voir page ].