Agnès de Langeac


AGNÈS DE JÉSUS ( LE PUY ?, 1675)

La V. M. Agnes de Iesvs
ARTISTE NON IDENTIFIÉ [Monogramme : H V C ?]
S. d. [1675]
Burin
Image au tr. c. : 11,15 x 9,3 cm

Frontispice pour [LANTAGES (Charles-Louis de, 1616-1694)], La Vie de la Venerable Mere Agnez de Iesus, religieuse de l’Ordre de S. Dominique av devot monastere de Sainte Catherine de Langeac. Par un Prestre du Clergé. Seconde edition, reveuë, corrigée et augmentée, Au Puy, Chez A. & P. Delagarde, Imprimeurs & Libraires proche le College, 1675.
France, Langeac, Archives du monastère Sainte-Catherine-de-Sienne – sans cote.

© Claire Rousseau

Lettre
1. Sous le portrait
La VM Agnes de Iesus, de lOrdre de S Dominique illustre / par la familiarité de Iesus Christ & de la S Vierge, de son Ange / Gardien & des Sanits (sic) admirable en ardeur damour en / lumiere de Dieu en purete zele courage patience & humilite / tres insigne par Propheties Miracles Dons & Vertus qui estant / en / en lage de 32ans le prodige de son Siecle mourut aLangeac en / Auuergne le 19. Octob. 1634.
2. En bas à gauche de la figure
H V C [monogramme de l’artiste non identifié et peut-être mal déchiffré]

Image
La religieuse présentée en ¾, de face, la tête légèrement tournée vers la gauche, occupe la partie droite de l’image. Elle est vêtue d’un habit blanc et d’une chape noire largement ouverte sur l’habit et fermée par un bouton à bascule. Un rosaire ou chapelet, sans doute accroché à la ceinture, apparaît ainsi sur la gauche. Son visage est enserré par une guimpe et un bandeau blancs. Le sous-voile blanc et le voile noir sont fortement empesés leur permettant de conserver une position en avant du visage, sans pour autant retomber sur les yeux. Les yeux habituellement mi-clos sont ici ouvert pour le gauche et fermé pour le droit. La religieuse tient la main gauche délicatement apposée sur sa poitrine. À sa droite, donc à gauche de l’image, un ange, qui ne parvient pas à la hauteur des épaules de la vénérable Mère, présente dans un linge les insignes de la Passion : clous, couronne d’épines, dés, marteau, tenaille, lance et éponge.
Le fond est constitué sur la gauche d’un ciel nuageux traversé de rayons solaires tracés à longs traits parallèles espacés, tandis que la partie droite évoque une draperie en tailles quadrillées.

États
Un seul état : France, Langeac, Archives du monastère Sainte-Catherine-de-Sienne – sans cote

Commentaire
Cette version du frontispice surprend par sa facture grossière, la lettre peu soignée, et par son emplacement dans l’ouvrage, avant l’approbation des docteurs. L’estampe semble même avoir été ajoutée, peut-être pour palier un manque de frontispice, et collée pour ne pas être égarée.

Signifie-t-elle qu’il exista des copies locales (à Langeac ou au Puy) de l’œuvre de Jean-Jacques Thourneysen qui, en 1675, œuvrait à Lyon ?
La facture serait-elle alors un indice qu’il était impossible de trouver un bon graveur dans les deux diocèses et qu’il fallait faire appel à un artiste soit de la capitale (frontispices de 1665 et 1666), soit à un artisan du grand centre d’imprimerie qu’était alors Lyon ?

Cette copie maladroite servit-elle à diffuser à moindres frais l’effigie de Mère Agnès ?