Agnès de Langeac


AGNÈS DE JÉSUS (PARIS ?, 1665)

Sr. Agnes de Jesu
GRAVEUR NON IDENTIFIÉ
S. d. [1665]
Burin
C. de pl. : 19 x 13,2 cm ; Image au tr. c. : 15,5 x 12,4 cm

Frontispice pour [LANTAGES (Charles-Louis de, 1616-1694)], La Vie de la Venerable Mere Agnez de Iesus, religieuse de l’Ordre de S. Dominique av devot monastere de Sainte Catherine de Langeac. Par un Prestre du Clergé. Avec l’Abregé de la Vie de la Mere Françoise des Seraphins, Prieure du Monastere de saint Thomas d’Aquin à Paris, Au Puy, Chez André & Pierre Delagarde, Freres, Imprimeurs & Libraires proche le College, 1665.
France, Langeac, Archives du monastère Sainte-Catherine-de-Sienne – sans cote.

© Claire Rousseau

Lettre
Sous le portrait
Sr. Agnes a Jesu ord. S. Dominici. familiaritate Christi, B. / Virginis, Angeli custodis et sanctorum illustris ; ardore charitatis / illustrationibus diuinis, puritate, zelo, fortitudine, patientiâ et / humilitate mirabilis ; prophetiâ, miraculis, virtutibus et donis / supra modum insignis ; sui seculi prodigium facta An. æt. suæ / 32. obijt Langeaci in Aruerniâ .19 octob. 1634.

Image
Agnès Galand est représentée de trois quarts, de face, la tête légèrement tournée vers la droite. Elle est vêtue d’un habit blanc et d’une chape noire fermée par une agrafe à bascule. Son visage est enserré par une guimpe et un bandeau blancs. Le voile noir retombe souplement sur les épaules et les bras jusqu’à la hauteur des coudes. La religieuse tient dans la main gauche un grand crucifix qu’elle regarde visage incliné. La main droite est en apposition sur la poitrine en signe de recueillement. À droite de l’image un jeune ange qui arrive à la hauteur de l’épaule de la religieuse porte dans un linge tenu de la main droite les instruments de la Passion : clous, couronne d’épines, marteau, tenaille, lance et éponge. La main gauche semble indiquer une direction à la religieuse. Il est difficile de dire si le regard de l’ange est dirigé vers Agnès de Jésus ou vers le crucifix.
Fond : sur la gauche, le fond est occupé par un rideau que les nuages de la droite viennent couvrir. De l’angle supérieur droit part un large rayon de lumière, symbole de la présence divine.

États
Un seul état : France, Langeac, Archives du monastère Sainte-Catherine-de-Sienne, sans cote ; Lyon, Bibliothèque du couvent des dominicains, sans cote ; Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : 4-LN27-8140 ; Toulouse, Bibliothèque du couvent Saint-Thomas d’Aquin – cote : 012 B AGN. LAN Lan[1]

[1] [Lantages (Charles-Louis de, 1616-1694)], La Vie de la Venerable Mere Agnez de Iesvs, religievse de l’Ordre de S. Dominique av devot monastere de Sainte Catherine de Langeac. Par un Prestre du Clergé. Avec l’Abregé de la Vie de la Mere Françoise des Seraphins, Prieure du Monastere de saint Thomas d’Aquin à Paris, Au Puy, & se vend A Paris, chez George Iosse, ruë Saint Iacques, à la couronne d’Espines, 1666.

Bibliographie
1863, LUCOT, p. XXXIV-XXXV ; 2006, MONTAGNES, « Agnès de Jésus revisitée », Agnès de Langeac. Le souci de la vie en ses commencements. Actes du colloque de Langeac, 15-17 octobre 2004, Paris, Le Cerf, 2006, p. 32-33.

Commentaire
Il semble que l’ajout d’un portrait gravé à la première édition de la Vie de Mère Agnès de Jésus par Charles-Louis Lantages ait été envisagé dès 1662. Dans la présentation de ses sources, Paul Lucot, transcrit une lettre du Père Esprit Panassière, le confesseur de Mère Agnès, à Monsieur Le Breton, de la Compagnie de Saint-Sulpice, devenu supérieur du séminaire du Puy, en date du 15 avril 1662 : « Je soushaitte que ceux qui travailleront a la planche du pourtraict de notre V. mere y puissent aussy bien reussir que vous avez fait a la souscription, et bien qu’elle contienne en abbregé tous les plus beaux eloges qu’on luy puisse donner, je m’assure qu’ils sont encore au dessous de ce que vous en auriez vouleu dire, si fort je suis persuadé que vous estes les veritables enfans d’une si bonne mere. Je juge desia par cet eschantillon de quel prix sera la piece tout entiere, et je ne doute point qu’elle ne soit assortie de toutes ses graces, puisque la V. M. ne manquera pas de vous obtenir celles du Ciel[1] […] ».
Bernard Montagnes qui cite Paul Lucot en déduit que la souscription en question fut rédigée soit par Charles-Louis Lantages lui-même, soit par Monsieur Le Breton[2]. L’auteur met la souscription et la future gravure en relation avec le tableau mentionné par les témoins du procès de non cultu de 1698, dont la souscription fut recopiée par les enquêteurs. Bernard Montagnes prend soin d’ajouter que le tableau étant perdu, il est impossible de dire s’il fut une copie en peinture de la gravure ou le modèle de celle-ci.
Cependant Bernard Montagnes semble ignorer l’existence d’estampess avec une souscription en latin, différente de celle de cette édition. On ne sait donc pas de quel texte parlait le Père Esprit Panassière.
L’estampe est à mettre en rapport, d’une part avec celle attribuée à Jean Edelinck, d’autre part avec celle de François de Poilly [voir pages précédentes].
La planche fut réutilisée pour l’édition de 1666 de la Vie de Mère Agnès[3].

[1] Paul Lucot, op. cit., p. XXXIV-XXXV.
[2] Bernard Montagnes, op. cit., p. 32.
[3] [Lantages (Charles-Louis de, 1616-1694)], La Vie de la Venerable Mere Agnez de Iesvs, Religievse de l’Ordre de S. Dominiqve av devot monastere de Sainte Catherine de Langeac. Par un Prestre du Clergé. Avec l’Abregé de la Vie de la Mere Françoise Des Seraphins, Prieure du Monastere de S. Thomas d’Aquin à Paris, Au Puy, & se vend A Paris, Chez George Iosse, ruë saint Iacques, à la Couronne d’Espines, 1666. France, Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : 4-LN27-8140 (A).