Agnès de Langeac


AGNÈS DE JÉSUS (PARIS, 1665 ?)

B. Soror Agnes de Jesu
François I de POILLY (1623-1693), graveur
S. d. [1665 ?]
Burin
C. de pl. : 19,3 x 13,2 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, RES-Ed 49c.

© José Lothe

Lettre
Sous le portrait
B. soror Agnes de Jesu miraculis per sanctitatem Illustris in vitâ suâ / fuit, Divinâ Illustratione Cherabim, Seraphim ardore, puritate / Angelus, Martyr constantiâ, Zelo Apostolus, Propheta predictione. / Decessit sanctitate famosa in monasterio de Langeac in Aluerniâ / annos nata 32. / 19 octobris anni 1634.

Image
Agnès Galand est représentée en ¾, de face, la tête légèrement tournée vers la droite. Elle est vêtue d’un habit blanc et d’une chape noire fermée par une agrafe à bascule. Son visage est enserré par une guimpe et un bandeau blancs. Le voile noir retombe souplement sur les épaules et les bras jusqu’à la hauteur des coudes. La religieuse tient dans la main gauche un grand crucifix qu’elle regarde visage incliné. La main droite est en apposition sur la poitrine en signe de recueillement. À droite de l’image un jeune ange qui arrive à la hauteur de l’épaule de la religieuse porte dans un linge tenu de la main droite les instruments de la Passion : clous, couronne d’épines, marteau, tenaille, lance et éponge. La main gauche semble indiquer une direction à la religieuse. Il est difficile de dire si le regard de l’ange est dirigé vers Agnès de Jésus ou vers le crucifix.
Sur la gauche, le fond est occupé par un rideau que les nuages de la droite viennent couvrir. De l’angle supérieur droit part un large rayon de lumière, symbole de la présence divine.

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque nationale de France, RES-Ed 49c.

Bibliographie
1752, HECQUET, p. 83, n° 54 ; 1994, LOTHE, p. 152-153, n° 258

Commentaire
À défaut d’avoir lu les notes de Pierre-Jean Mariette (1694-1774), l’attribution de la gravure non signée à François de Poilly ne repose, en ce travail, sur aucun document d’archives.
L’estampe est à mettre en rapport, d’une part avec celle attribuée à Jean Edelinck [voir page précédente], d’autre part avec le frontispice de la Vie de Mère Agnès éditée en 1665 et 1666 [voir page suivante]. De la première, elle diffère par la forme du voile plus avancé sur le devant, par la hauteur du bandeau qui se trouve, de ce fait, réduite. Les doigts de la main droite de la religieuse sont davantage écartés les uns des autres et l’achèvement du Christ. En outre, la lettre comporte des variations d’accentuation. De la seconde, il faut noter le changement radical de la souscription.

Ces variations, prises comme signe d’une copie, peuvent être également un second état de la planche attribuée à Gérard Edelinck, que celui-ci ait été le créateur ou non du premier état.

Sans en être le modèle exact, l’estampe de Jean Edelinck et celle de François de Poilly ont peut-être inspiré la production émaillée de Jacques Laudin [voir ci-dessous]. En même temps, les modifications apportées par l’émailleur (stigmates, cœur) suggèrent l’éventuelle existence d’un autre modèle gravé, antérieur ou postérieur à ceux ici présentés.

AGNÈS DE JÉSUS (LIMOGES, SECONDE MOITIÉ DU XVIIe SIÈCLE)

V. M. Agnes a Iesv
Jacques LAUDIN (vers 1663-1729), émailleur
S. d. [seconde moitié du XVIIe siècle]
Émail sur cuivre
10 x 8 cm
France, Toulouse, Maison Seilhan, MS-EL-03.