Agnès de Langeac


AGNÈS DE JÉSUS (LYON ?, 1675)

La V. M. Agnez de Iesus
Jean-Jacques THOURNEYSEN (1636-1711), graveur
S. d. [1675]
Burin
C. de pl. : 14,8 x 9,4 ; image au tr. c. : 11,7 x 9,1 cm

Frontispice pour [LANTAGES (Charles-Louis de, 1616-1694)], La Vie de la Venerable Mere Agnez de Iesus, Religieuse de l’Ordre de S. Dominique av devot monastere de Sainte Catherine de Langeac. Par un Prestre du Clergé. Seconde Edition, reueuë, corrigée & augmentée, Au Puy, Chez A. & P. Delagarde, Imprimeurs & Libraires proche le College, 1675.
France, Toulouse, Bibliothèque municipale – cote : Fa D 12980.

© Claire Rousseau

Lettre
1. en bas à gauche de la figure
T H ho / Sc. [le T et le H sont enlacés, le T étant placé par-dessus le H qui, en fait, correspond à deux I joints par une barre horizontale ; il s’agit du monogramme de l’artiste[1]]
2. Dans la marge inférieure
La V.M. Agnez de Iesvs, de l’Ordre de S. Dominique, illustre / par la familiarité de Iesus Christ & de la Ste Vierge, de son Ange / Gardien & des Saints ; admirable en ardeur, d’amour, en lumiere / de Dieu, en pureté, zele, courage, patience & humilite, tres in- / signe par Propheties, Miracles, Dons & Vertus ; qui estant en l’â / ge de 32 ans le prodige de son Siecle, mourut à Langeac en / Auuergne le 19. Octob. 1634.

[1] Voir Johann Friedrich Christ, Dictionnaire des monogrammes, chiffres, lettres initiales, logogryphes, rébus, &c., sous lesquels les plus célèbres Peintres, Graveurs, & Dessinateurs ont déguisé leurs Noms […], A Paris, chez Michel Lambert, Libraire du Parnasse, rue de la Comédie Françoise, 17542, p. 157.

Image
Figure :
La religieuse, présentée en ¾, de face, la tête légèrement tournée vers la gauche, occupe la partie droite de l’image. Elle est vêtue d’un habit blanc et d’une chape noire largement ouverte sur l’habit. Un rosaire ou chapelet, accroché à la ceinture, apparaît sur sa gauche. Son visage est enserré par une guimpe et un bandeau blancs. Le sous-voile blanc et le voile noir sont fortement empesés leur permettant de conserver une position en avant du visage, sans pour autant retomber sur les yeux. Sur la gauche, le bord du voile dessine un S. Des larmes roulent sur son visage, fruit de sa méditation du Christ en croix tenu dans la main droite, corps tourné vers elle. La religieuse tient la main gauche délicatement apposée sur sa poitrine. À sa droite, un ange, qui ne parvient pas à la hauteur des épaules de la vénérable Mère, présente dans un linge les insignes de la Passion : clous, couronne d’épines, marteau, tenaille, lance et éponge.
Le fond est constitué sur la gauche d’un ciel nuageux traversé de rayons solaires tandis que la partie droite évoque une draperie en tailles quadrillées.

États
Premier état, celui décrit : France, Toulouse, Bibliothèque municipale – cote : Fa D 12980
Deuxième état : Le visage de la sainte a été entièrement repris pour l’affiner ; un bouton à bascule a été ajouté au centre de l’attache de la chape ; la pointe sur l’avant du voile est accentuée, etc. Frontispice d’une édition parue la même année au Puy, chez les mêmes éditeurs[1]. France, Paris, Bibliothèque du Saulchoir – cote : 446 D 47
Troisième état : le cuivre est de nouveau utilisé pour l’édition de 1718[2]. Un nouveau visage sans larme apparaît ; le bandeau est rétréci sur la gauche de l’image ; l’ange, comme le fond de nuages, reçoit des tailles croisées, etc. Voir la comparaison des impressions.

[1] Même page de titre. Paris, Bibliothèque du Saulchoir – cote : 446 D 47.
[2] [Lantages (Charles-Louis de, 1616-1694)], La Vie de la Venerable Mere Agnez de Jesus, Religieuse de l’Ordre de Saint Dominique au devot monastere de Sainte Catherine de Langeac, Par un Prétre du Clergé. Troisieme edition, revuë, corrigée & augmentée, Au Puy, Chez Gaspar Chretien Clet, Marchand-Libraire, proche le College, 1718. France, Langeac, Archives du monastère Sainte-Catherine-de-Sienne – sans cote ; Paris, Bibliothèque nationale de France – cote : 8- LN27-8140 (8).

Bibliographie
2006, MONTAGNES (Bernard), « Agnès de Jésus revisitée », Agnès de Langeac. Le souci de la vie en ses commencements. Actes du colloque de Langeac, 15-17 octobre 2004, Paris, Le Cerf, p. 32-33[1].

[1] L’article traite de l’iconographie d’Agnès de Langeac mais l’auteur n’a jamais eu le loisir d’observer les différences attestant de plusieurs états de la planche.

Commentaire
Des trois versions présentées, il est en fait bien difficile de dire s’il s’agit du même cuivre repris pour des raisons matérielles ou des motifs iconographiques, ou bien si un nouveau cuivre fut gravé dans les mêmes dimensions. La première hypothèse semble la plus vraisemblable.
À qui doivent être attribuées les modifications du visage de la religieuse observables sur d’autres tirages, alors même que le monogramme des premières gravures fut conservé ? Et que dire de l’ajout du bouton de la chape et de la transformation de la forme du voile ?
Qui souhaita ces modifications et pourquoi ?
Dans le cadre de l’étude, aucune mention de l’existence de plusieurs états ou plusieurs frontispices similaires n’a été recensée dans des inventaires ou études. Le fait semble être passé inaperçu. C’est pourquoi les deuxième et troisième états sont présentés ci-après.

Deuxième état                                             Troisième état