Estampes confessionnelles ? – Regards croisés

Malheureusement le colloque

 

Les Arts et le Protestantisme

 

organisé à l’occasion des 30 ans du pacte d’Amitié Éternelle
signé entre le village de naissance
de Pierre Bayle (1647-1706)
et Rotterdam, sa ville de décès,
n’a guère été médiatisé.

 

 

 

Pourtant, l’après-midi du jeudi 14 novembre 2019 rassemblera au Temple
de Carla-Bayle (Ariège) les meilleurs spécialistes de l’estampe pour des conférences qui promettent d’être passionnantes.

En voici le détail :

14 h : Ouverture du colloque

14 h 30 : Iconographie catholique – Iconographie protestante
par Philippe Luetz (conservateur du Patrimoine ; directeur du Musée national de Port-Royal des Champs)

15 h 30 : Jean-Jacques Thurneysen, un graveur protestant au service des catholiques
par Yves Krumenacker (Université de Lyon)

16 h 30 : Abraham Bosse, graveur protestant ou protestant graveur
par Maxime Préaud (conservateur général honoraire du Département des Estampes de la BnF)

17 h 30 : Libertine or Calvinist ? Religion and criticism in the etchings of Romeyn de Hooghe
par Jo Spaans (Université d’Utrecht)

Estampe :
Pierre Bayle
François Chéreau (1680-1729)
Eau-forte
14 x 10 cm
France, Paris, BnF, Est. Bayle 001.
© BnF – Gallica

Estampes au temps de la Dame à la licorne

Judicieusement intitulée Mystérieux coffrets, l’exposition du Musée de Cluny (Paris) présente le fruit de nombreuses années de recherches et de collecte de la part de grandes institutions, notamment de la BnF.
Ainsi en 2011, Séverine Lepape, devenue à l’automne directrice du Musée de Cluny, a-t-elle déjà publié des articles pour les faire connaître (voir ci-dessous). Mais l’exposition du musée de Cluny est bien plus qu’une valorisation d’objets devenus rares dont l’usage reste pour une part inconnu. Elle interroge aussi l’art de Jean d’Ypres (actif vers 1490-1508) dont le style influença aussi bien la création d’estampes collées dans le fond des couvercles, que la réalisation de vitraux et le tissage des tapisseries de la Dame à la licorne.
Précieux et fragiles, les coffrets furent peut-être les écrins d’objets encore plus prisés : les livres de prière. Cette fonction leur valut d’avoir des logettes secrètes, définitivement fermées et pouvant enclore sans doute une relique.
Ainsi le coffret franchit-il la frontière de l’objet d’artisanat délicat pour devenir celui de reliquaire personnel, témoin d’un mouvement d’individualisation de la dévotion au sortir du Moyen Âge.

Quelques coffrets offrent des estampes à thèmes profanes. Ils ne contredisent pas les observations précédentes.

Le plus grand plaisir sera de reconnaître dans tel ou tel tableau de la première moitié du XVIe siècle, l’un de ces coffrets, voire de jeter un coup d’œil sur son contenu comme le firent Séverine Lepape et Michel Huynh.

Les habitants de Recanati partent en Judée et à Nazareth mesurer les fondations de la Santa Casa, d’après Jean d’Ypres, Paris, vers 1510.
© RMN

2011 : Séverine Lepape et Michel Huynh, « De la rencontre d’une image et d’une boîte : les coffrets à estampes », Revue du Louvre/Musées de France, 2011-4, p. 37-50.

2016 : Séverine Lepape et Michel Huynh, « De nouveaux témoignages iconographiques des coffrets à estampes », Nouvelles de l’estampe, 2016, 256, p. 4-18.
https://journals.openedition.org/estampe/462

Histoire de l’imagerie de dévotion en Europe – 21-22 novembre 2019

La Bibliothèque du Saulchoir (Paris), en partenariat avec l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres organise un colloque international sur l’histoire de l’imagerie de dévotion en Europe.

Sous la direction de Dominique Lerch
(Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines),
avec la collaboration de :
Nicole Bériou, membre de l’Institut,
Joseph de Almeida Monteiro (Bibliothèque du Saulchoir),
Aline Debert † (CNRS),
Kristina Mitalaité (LEM, CNRS),
Claire Rousseau (Centre André Chastel),
Isabelle Séruzier (Bibliothèque du Saulchoir).

 

Le colloque aura lieu à Paris, les 21 et 22 novembre 2019.

Le programme (voir également ci-dessous) et les modalités d’inscription sont disponibles sur le site de la Bibliothèque du Saulchoir (cliquez).

Jeudi 21 novembre 2019 – Salle Dumont – 45, rue de la Glacière – 75013 Paris
8 h 30 : Accueil

9 h : Introduction par Isabelle Saint-Martin (EPHE, Paris)

9 h 30 : Michel Albaric, o.p. (Bibliothèque du Saulchoir) : La collection du Saulchoir.
10 h : Yann Raison du Cleuziou (Université de Bordeaux) : Penser la culture populaire à partir des hypothèses du père Serge Bonnet, o.p.

10 h 30 : Pause

10 h 45 : Claire Rousseau (Centre André Chastel) : Entre images de dévotion et gravures d’illustrations, les saints dominicains de la famille Landry
11 h 15 : Gustave Koch (pasteur honoraire, Strasbourg) : Y a-t-il une image de dévotion protestante ? les petites images bibliques protestantes
11 h 45 : David Douyère (Université de Tours) : L’image de dévotion chrétienne sur les réseaux numériques

12 h 15
: Discussion

12 h 45-14 h 15 : Déjeuner

14 h 15-15 h 45 : Capitales européennes de l’image: Anvers-Augsbourg-Paris
14 h 15 : Ralph Dekoninck (UC Louvain) : L’œuvre des frères Wieirix à Anvers, à l’origine d’un répertoire iconographique dévotionnel, fin XVIe-début XVIIe siècles
14 h 45 : Peter Stoll (Universitätsbibliothek, Augsbourg) : The Klauber Brothers’Litany of Loreto : An 18th Century Print Series from Augsburg and Its International Career
15 h 15 : Dominique Lerch (Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines) : La diffusion d’œuvres nazaréennes à Paris, en France et en Alsace (1850-1960)

15 h 45 : Pause

16 h-17 h 30
: Allemagne-Italie-Espagne
16 h : Konrad Vanja ( Museum Europäischer Kulturen, Berlin)  : Bilan des études sur l’image de dévotion en Allemagne : de Spamer à nos jours
16 h 30 : Biagio Gamba (Universitas Vivariensis, Cosenza) : De l’usage de l’image de dévotion en Italie au XXe siècle. Propagande politique et campagnes militaires, les « santini militari ».
17 h : Jean-François Botrel (Université de Rennes2) : L’image de dévotion en Espagne

Vendredi 22 novembre 2019 – Fondation Simone et Cino Del Duca – 10, rue Alfred de Vigny – 75008 Paris

9 h : Accueil

9 h 30 : Sylvie Manuel-Barnay (Université de Lorraine) : Apparitions mariales et images de dévotion : fabrique d’une histoire sainte
10 h : Bernard Berthod (Musée de Fourvière, Lyon) : L’image de dévotion mise en scène :  canivets, papiers roulés et colifichets

10 h 30 : Pause

10 h 45 : Michel Mallèvre, o.p. (Bibliothèque du Saulchoir) : Trois générations de missels et leurs images
11 h : Christian Ehrmann (collectionneur) : Un siècle d’histoire de France au travers des images de missel (1840-1950)
11 h 30 : Martine Sadion ( Musée de l’image, Épinal) : Imagiers et images de dévotion
12 h : Evelyne Sigoillot (Musées de Châlons-en-Champagne) : Des illustrateurs par milliers

12 h 30
: Discussion

12 h 45-14 h 15 : Déjeuner

14 h 15 : Conclusion par Jean-Claude Schmitt (EHESS, Paris) et  Kristina Mitalaité (LEM, CNRS)

14 h 45 : Ateliers : thèmes de 15mn sur proposition des participants et sur inscription préalable (Images peintes à la main ; Généalogie de l’image mortuaire…)

Canivet :
Mater Dolorosa
XVIIIe s.
289 x 172 mm
© Bibliothèque du Saulchoir

Histoires de voiles

VOILÉ.E.S / DÉVOILÉ.E.S
Sous la direction de Pierre-Gilles Girault, administrateur, conservateur en chef, administrateur
et Magali Briat-Philippe, responsable du service des patrimoines, conservatrice du patrimoine
Coédition Monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse / In Fine éditions d’art, 2019, 135 p.

Coup de cœur 2019 ♥

 

Choisir le thème du voile à l’heure où celui-ci fait polémique dans l’espace publique français pourrait paraître tout à la fois facile et provocateur. Il n’en est rien.
La première partie du catalogue de l’exposition du Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse esquisse davantage des pistes de réflexion qu’une histoire du voile. Ces essais abordent successivement :

– Genèse du voile, entre pudeur, religion et désir
– Le visage interdit des religieuses
– Le voile oriental : une passion française
– Marguerite d’Autriche, voilée ou dévoilée

Dans la seconde partie, les thèmes se déploient de manière transhistorique :

– Voiles coutumiers
– Voiles sacrés
– Voiles mis en scène
– Dévoilements

De l’Antiquité à nos jours, chaque œuvre interpelle, interrogeant en premier l’intention de son créateur, sa vision de la femme (car le catalogue présente essentiellement des ports féminins du voile), mais aussi notre propre perception de ce linge chargé de symbolisme et d’idéologies.

Si Catherine de Sienne a droit dans ce catalogue à un portrait de Cristofano Allori (1577-1621), l’œuvre fut tellement copiée qu’elle n’est plus guère inspirante, alors que Le Silence de Giovanni Strazza (1818-1875) invite toujours à retenir son souffle devant cet incroyable travail du marbre. L’effet de transparence du voile accentue l’intériorité et la retenue de la jeune femme en buste. Presque une prière…

Saint Vincent Ferrier – Chéméré-le-Roi

Du 4 août au 7 octobre 2019
Couvent Saint-Thomas-d’Aquin
53340 – Chémeré-le-Roi

Tous les jours (sauf dimanche matin)
de 11 h à 12 h et 14 h à 17 h 30.

contact presse : fsvf@chemere.org
Tél. : 06 45 41 45 40

 

 

 

 

L’exposition Saint Vincent Ferrier, voix de Dieu au cœur de la guerre de Cent ans, présentée du 4 août au 7 octobre prochains au couvent Saint-Thomas d’Aquin à Chémeré-le-Roi, apparaît comme un véritable événement culturel régional, dépassant largement les limites géographiques du seul département de la Mayenne, organisé à l’occasion du 600e anniversaire de la mort de saint Vincent, à Vannes, le 5 avril 1419.
En effet, pour la première fois, plus d’une centaine de documents d’archives, d’objets d’art, de souvenirs historiques rattachés à ce prédicateur infatigable, comme aux grandes figures historiques de cette époque, seront réunis pour évoquer la figure de ce personnage emblématique, interlocuteur du duc de Bretagne Jean V, du roi d’Angleterre Henri V, du pape Clément VII, de l’antipape Benoit XIII, ou encore de sainte Colette de Corbie etc. En effet, les démarches accomplies, l’œuvre laissée par ce dominicain énergique ont largement contribué à hâter la fin des conflits empoisonnant l’Europe occidentale de cette époque : le Grand Schisme et la guerre de Cent ans.

C’est ainsi que de nombreuses institutions françaises ont souhaité participer à ce projet inédit, parmi lesquelles on peut citer les Archives nationales, les Archives départementales du Morbihan, de Loire-Atlantique, ou encore divers musées, à l’instar du musée des Beaux-Arts de Dijon ou de celui de Rennes, etc. La bibliothèque et les archives diocésaines de Vannes, le Trésor de la cathédrale de Nantes, la bibliothèque du Saulchoir, à Paris, la bibliothèque d’Étude et du Patrimoine de Toulouse, les couvents des dominicains de Lyon, de Toulouse, la maison Pierre Seilhan ont également ouvert très généreusement leurs collections.

À ces efforts, doivent être ajoutés les soutiens d’éminents amateurs privés, qui ont également accepté d’ouvrir, parfois pour la première fois, des fonds peu accessibles, permettant ainsi de pouvoir présenter une série de pièces jamais exposées comme différents ensembles d’orfèvrerie religieuse du XVe siècle ou d’importantes peintures d’histoire, attestant de la vitalité du culte rendu à saint Vincent aux XVII et XVIIIe siècles.
Le calice d’Isabeau d’Écosse, épouse du duc François Ier de Bretagne, une des plus anciennes statues connues de Jeanne d’Arc, une des premières miniatures représentant la prédication de saint Vincent, son buste-reliquaire appartenant au Trésor de la cathédrale de Vannes, mais encore une statue en calcaire polychrome des années 1500, commandée par le vicomte Jean II de Rohan, comme la bulle de Callixte III annonçant la canonisation etc. figurent parmi les chefs d’œuvre que les visiteurs pourront venir admirer à Chémeré-le-Roi.

L’exposition est également accompagnée par l’édition d’un catalogue illustré de 176 pages, édité aux éditons Héritage architectural.

CATALOGUE DE L’EXPOSITION

Cette publication est composée en deux parties : la première, réservée à la publication d’articles scientifiques rédigés par les meilleurs spécialistes français actuels de cette période de l’histoire et, en seconde partie, par le catalogue des œuvres présentées.

Sommaire
o Préface par S. Exc. Mgr Najeeb Michaeel
o Avant-propos par S. Exc. Mgr Raymond Centène
o Saint Vincent Ferrier, voix de Dieu au cœur de la guerre de Cent Ans par le Fr. Louis-Marie de Blignières
o Note de l’éditeur, par Paul-Henri Guermonprez
o Note du mécène, par Monsieur Gilles Dupin, président et directeur général de Monceau Assurances

Essais et documents
o Chronologie
o La guerre de Cent Ans (1337-1453) par Jean-Michel Matz
o Le Grand Schisme d’Occident (1378-1417) par Jean Barbey
o Un prédicateur dans la Ville rose au temps du Grand Schisme. Séjour et postérité de saint Vincent Ferrier à Toulouse (1416-2019) par Cyril Daydé
o Jean V, duc de Bretagne (1399-1442), son duché et Vincent Ferrier par Michael Jones
o Vincent Ferrier en « ange d’apaisement » : missions diplomatiques auprès du roi Henri V
d’Angleterre par André-Yves Bourgès
o Itinéraire de saint Vincent en Bretagne établi par le chanoine Joseph-Marie Le Mené
o La prédication de Maître Vincent d’après l’enquête bretonne du procès de canonisation par le Fr. Augustin-Marie Aubry
o Une illustration de la prédication de saint Vincent Ferrier : le sermon sur la persévérance, traduction et commentaire de Dom Bruno Drilhon
o Les miracles de Maître Vincent : des fioretti au culte de saint Vincent Ferrier par Brigitte Guigueno
o Le prédicateur et le vicomte. Diffusion du culte de saint Vincent Ferrier par Jean II, vicomte de Rohan par Diego Mens Casas
o Vita et miracula : Vincent Ferrier au miroir d’estampes du XVIIe siècle par Claire Rousseau

Catalogue des œuvres
Un voyageur infatigable – L’homme d’études au service de l’Église – L’entrée du frère mendiant dans la vie politique – Le Grand Schisme d’Occident – Le Compromis de Caspe – L’ambassadeur de la paix au cœur de la guerre – Le prédicateur itinérant populaire – Le saint thaumaturge – L’homme de la messe – La dévotion à saint Vincent

176 pages
39 €
Frais de port en sus

En vente : ici