Estampes du XVIIe siècle – Colloque – Vichy – 13 juin 2020 – REPORTÉ À 2022

L’Académie du Vernet (Vichy), en partenariat avec le Pôle universitaire de Vichy et la ville de Vichy organise un colloque sur l’histoire de l’estampe au XVIIe siècle en France.

Sous la direction d’Emmanuel Possamaï (Président), de Marc Bertola (Vice-Président), de Claire Rousseau (Docteur en Histoire de l’art ; Centre André Chastel), avec la collaboration de : Christine Chaze, Annie Demange et Joseph de Colbert.

Présentation

Prenant son essor au début du XVIIe siècle, l’art de l’estampe est à son apogée sous le règne de Louis XIV. Virtuose, Abraham Bosse en devient l’un des théoriciens. Les graveurs parisiens tels Robert Nanteuil, Girard Audran, François Chauveau, Sébastien Leclerc et les Lepautre atteignent ainsi une perfection technique dans l’art de la taille-douce, gravure au burin ou à l’eau forte.

Dès lors, du portrait aux gravures de mode, de l’illustration d’œuvres littéraires aux almanachs muraux, des affiches de confréries aux placards de soutenance de thèse, les estampes déploient une production variée reflétant le goût français au sein de l’Europe.

Avec la participation de plusieurs spécialistes de l’histoire de l’estampe, le colloque de l’Académie du Vernet (Vichy, 13 juin 2020) propose de redécouvrir l’art de la gravure et la riche palette de son utilisation au Grand Siècle, celui de la marquise de Sévigné, hôte de marque des cures de Vichy.

Programme

Le colloque aura lieu à Vichy, le 13 juin 2020 – REPORTÉ À 2022

• 9 h : Accueil des participants

9 h 25 : Mot d’accueil du Président de l’Académie du Vernet
• 9 h 30 : Introduction

• 9 h 35 : Les techniques de l’estampe au XVIIe siècle par Abraham Bosse
par Maxime Préaud (Conservateur général honoraire au Département des Estampes de la Bibliothèque nationale de France)

• 10 h 10 : François Chauveau, du dessin à la gravure
par Philippe Cornuaille 
(Docteur en Littérature française et doctorant en Histoire de l’Art ; Sorbonne Université)

• 10 h 50 : Histoire des Colbert et leurs représentations gravées au XVIIe siècle
par Joseph de Colbert 
(Historien de la famille Colbert et collectionneur)

• 11 h 30 Les Métamorphoses de Benserade par Chauveau, Leclerc et Lepautre
par Véronique Meyer (Professeur d’Histoire de l’art ; Université de Poitiers)

12 h : Pause déjeuner

• 14 h : Mannequins du Grand Siècle. La gravure de mode et le commerce de l’estampe sous Louis XIV
par Pascale Cugy
 (Docteur en Histoire de l’Art moderne)

• 14 h 40 : Des estampes à découper : chronologies collées et hommes illustres au XVIIe siècle
par Estelle Leutrat (Maître de conférences d’Histoire de l’Art ; Université Rennes 2)

• 15 h 20 : Des images pour la vie quotidienne : ephemera et usage de l’estampe au XVIIe siècle
par Vanessa Selbach (Chef du service estampe ancienne et réserve du Département des Estampes de la Bibliothèque nationale de France)

• 16 h : Entre tradition et renouveau : les estampes des confréries dominicaines du XVIIe siècle
par Claire Rousseau (Docteur en Histoire de l’Art moderne)

16 h 30 : Clôture du colloque

Inscriptions
Frais : 10 euros/personne
(gratuit pour les étudiants)
Repas du midi (entrée, plat, dessert, vin) : 20 euros (facultatif ; il est possible de déjeuner par ses propres moyens)

Dépliant sur demande par la rubrique Contact.
Inscription au colloque et aux repas par la rubrique Contact.

L’apport des recherches médiévales pour les modernistes

Lieke Andrea SMITS
Performing Desire.
Bridal Mysticism and Medieval Imagery in the Low Countries (c. 1100-1500).

2019

En 2019, Lieke Andrea Smits a rédigé une thèse de doctorat qu’elle a brillamment soutenue à l’Université de Leiden (Pays-Bas), le 9 janvier 2020.
Consacré à la mise en images de la mystique médiévale dans les Pays-Bas, l’ouvrage est d’un apport indispensable pour les modernistes.
En effet, le discours mystique et ses représentations au XVIIe siècle ne sont que le prolongement d’expériences mises en mots et dessinées entre les XIIe et XIVe siècles. Paroles et dessins accordent une large place au corps, à ses positions, aux gestes par lesquels s’expriment, au-delà de la dévotion, un élan amoureux et le désir. S’agenouiller, se prosterner, enlacer, embrasser, se laisser embrasser, caresser… Autant de verbes pour tenter de traduire, bien en-deça de ce qu’elle est au tréfond de l’âme, l’union intime du mystique avec son Seigneur.
De nombreux exemples sont empruntés au patrimoine dominicain, révélant sans doute des images peu connues comme, par exemple, celles de Catherine de Sienne bénéficiaire de l’amplexus christique (p. 139-142). Or, ce geste du Christ en croix embrassant sa ou son bien-aimé(e) est repris au XVIIe siècle pour dire l’intimité avec, par exemple, Alain de la Roche (voir l’huile sur cuivre conservée à la Maison Seilhan à Toulouse) ou Marie Raggi (voir sur ce site Images en séries). Lieke Andrea Smits souligne combien cette mise en image d’une expérience spirituelle intérieure posa problème dès le Moyen Âge suscitant les critiques. L’image matérialise, chosifie un mouvement de l’âme indicible et les frémissements des sens. Elle risque d’imposer une norme à atteindre alors que cette expérience est hors du commun dans ses manifestations sensibles. Elle crée un précédent et devient une référence dont la valeur est sujette à caution. L’image peinte (ou simplement dessinée) et l’image gravée s’impriment durablement dans les mémoires, orientant la vie spirituelle vers une quête de l’extraordinaire qui serait le sceau de la sainteté, alors que les vertus sont les premières garantes d’une authentique vie chrétienne. Les sens sont convoqués par la liturgie et les sacrements, notamment le toucher et le goût lors de la réception de l’Eucharistie, mais ils doivent demeurer sous contrôle afin de ne pas s’exacerber en une fausse recherche de communion avec l’Époux. De même, l’image doit pouvoir être analysée, située dans son contexte et interprétée pour ne pas entraîner le dévot ou la dévote dans la recherche d’une satisfaction personnelle.

Le travail de Lieke Andrea Smits permet de remonter à l’origine du discours sponsal visuel en Occident et c’est un apport précieux qui, espérons-le, sera suivi par des compléments d’étude.