Raymond de Peñafort


RAYMOND DE PEÑAFORT (ANVERS, ?)

S. Raymvndvs Fvndat. Mercenar.
Michel NATALIS (1610-1688), graveur
D’après Abraham VAN DIEPENBEECK (1596-1675), dessinateur
Martinus II VAN DEN ENDEN (1633-1684), éditeur
S. d.
Burin
Épreuve rognée : 26,2 x 13,4 cm
Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum,
RP-P-2014-28-4.

© Rijksmuseum

 

 

 

Lettre
1. Sur le rebord de la corniche
S. RAYMVNDVS FVNDAT. MERCENAR.
2. En-dessous
Adm. Reverendo Patrj / P. RAYMVNDO DE HVLDERE / Secundum SVPPRIORI Conuentus fuj / Antuerp. Ord. FF. Prædicatorum, / Iteratâ vice VICARIO Collegij S. Thomæ Lyræ / Hancce Patronij suj imaginem / D. C. Q. F. E. B.
3. En bas, à gauche
Abr. à Diepenbeke inuenit. / Michael Natalis sculpsit.
4. En bas, à droite
Mart. vanden Enden / excud. Cum priuilegio.

Image
D’une stature imposante, Raymond de Peñafort est présenté en pied sur une corniche, tourné vers la droite, presque de trois quarts. Vêtu de l’habit de son Ordre, il tient dans la main droite deux clefs faisant référence à son activité de canoniste et d’inquisiteur. De la main gauche, il porte un livre fermé. À ses pieds, les fers des prisonniers rappellent son rôle dans la fondation de l’Ordre de Notre-Dame de la Merci pour le rachat des captifs.

États
Premier état : Belgique, Bruxelles, KBR, S.I. 24610 ; France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rd2 Fol. (Raymond de Peñafort, saint), H 180716 ; Pays-Bas, Amsterdam, Rijksmuseum, RP-P-2014-28-4
Second état : les noms du graveur et de l’éditeur ont été burinés et remplacés par des tailles croisées. France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Rd mat2a (Raymond de Peñafort, saint), topo 2197

Bibliographie
1956, HOLLSTEIN, t. 4, p. 129, n° 40-59 ; 1982, STEADMAN, p. 78 ; 2009, DIELS, p. 80-84 ; fig. 36, p. 81 ; 2013, DILLA MARTÍ, p. 123 et p. 124, Fig. 4

Commentaire
En tout premier, il convient de dire que saint Raymond est souvent considéré à tort comme un mercédaire, voire comme son fondateur. S’il est certes vénéré dans cet Ordre, c’est pour le rôle d’intermédiaire qu’il joua lors de sa fondation. Mais Raymond de Peñafort est bel et bien un dominicain et il le resta jusqu’à sa mort, ayant même été Maître de l’Ordre (1238-1240). La confusion fut entretenue par les dominicains eux-mêmes, notamment à partir de la canonisation du religieux en 1601.
Le dédicataire, Raymond van Huldere, était lui-même dominicain, sous-prieur du couvent d’Anvers et vicaire du collège Saint-Thomas de Lyre.
Quant au commanditaire dont les initiales semblent être E. B., il n’a pas été identifié. Fut-il dominicain ou mercédaire ?
À défaut d’informations supplémentaires, il est difficile de distinguer la période de création de l’estampe, fruit de la collaboration entre le dessinateur et le graveur, habituellement située vers 1640-1642, et l’édition par Martin Van Den Enden.
Il convient cependant de noter que l’estampe appartient à une série qui compte également la représentation de Thomas d’Aquin [Cat. 415].