Marguerite de Savoie


MARGUERITE DE SAVOIE (PARIS, 1677-1678 ?)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[Ostension du Saint Suaire par la Maison de Savoie]
Pierre LEPAUTRE (vers 1652-1716), graveur
S. d. [avant 1716]
Eau-forte (image) et burin (texte)
C. de pl. : 13,4 x 18 cm ; tr. c. : 12,8 x 17,4 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Ed-43-Fol. (Lepautre, Pierre), E010376.

© Claire Rousseau

Lettre
Sous le trait carré de l’image
À gauche : B. LVDOVICA SABAVDIÆ
Au centre : B. AMEDEVS SABAVDIÆ
À droite : B. MARGARITA SABAVDIÆ
En-dessous :
Quoties recitatur Oratio ad S. Sindon[is] é purgatorio anima liberatur, instante Serenissa Da Catharina / sabaudce concessit Clemens P.P. VIII. / Deus qui nobis in Sa Sindone qua corpus tuum Sacratissimum de Cruce depositum, a Ioseph inuolutum / Fuit, Passionis tuæ vestigia reliquisti, concede propitius vt per mortem et Sepulturam tuam, ad resur- / rectionis gloriam perducamur. Qui viuis et regnas cum Deo Patre &c

Image
Au ciel, le Saint Suaire est présenté par trois représentants de la Maison de Savoie élevés sur les autels. À gauche, Louise de Savoie (1462-1503), devenue clarisse à Orbe (Suisse), au centre Amédée de Savoie (1435-1472), à droite Marguerite de Savoie (1381-1464) du Tiers-Ordre dominicain. Chacun porte la couronne due à son rang mais les deux femmes sont revêtues de l’habit de l’Ordre auquel elles appartinrent. Sur le drap tendu apparaît l’empreinte du corps du crucifié, vu de dos et de face. La pièce de tissu garde également les marques de l’incendie de 1532.

État
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque nationale de France, Ed-43-Fol. (Lepautre, Pierre), E010376.

Bibliographie
2008, IFF, t. 13, p. 36-37, n° 35

Commentaire
Le Saint Suaire avait été acquis par la Maison de Savoie en 1452.
Conservé à Chambéry, il fut transféré à Turin le 14 septembre 1578.
L’estampe fut-elle réalisée pour le premier centenaire de cette translation ?
La bienheureuse Marguerite de Savoie avait obtenu une confirmation de culte, le 8 octobre 1669. En revanche, la confirmation de culte ne fut accordée à Louise de Savoie qu’au XIXe siècle. Le culte d’Amédée IX fut, quant à lui, autorisé par Innocent XI, le 3 mars 1677. L’estampe célèbre peut-être cet événement.
La figuration du corps du Christ est proche des planches illustrant les diverses éditions vénitiennes, anversoise et douaisiennes de l’ouvrage qu’Alfonso Paleotti (1531-1610), archevêque de Bologne, consacra aux plaies du Christ.