Se confiner en Éden (6)

Pour Frère Philippe Jaillot
Pour Frère Olivier de Saint-Martin

La Grande Semaine commence et les dominicains de Toulouse proposent sur leurs réseaux sociaux un « kit » afin de bien vivre la Semaine Sainte à domicile, en famille ou seul, sans aucune célébration liturgique si ce n’est celles suivies à travers les médias.

Les « kits » spirituels didactiques existent depuis longtemps.
En général, leur utilisation ne requiert ni matériel inabordable, ni pratique irréalisable.
Mais un cœur disponible est requis. Et une main ouverte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De fait, les jésuites indiquèrent de regarder sa propre main pour faire son examen de conscience.
La proposition est toujours valable : elle n’est pas un lavage frénétique en 30 s pour éliminer les virus, mais un examen particulier en cinq étapes comme la main compte cinq doigts, pour éliminer les virus spirituels.

Or, pour éliminer un virus, dit saint Ignace, il faut commencer par rendre grâce pour tous les bienfaits reçus de Dieu.
Sans doute n’est-ce pas l’attitude première quand la peur de l’épidémie prend le dessus, quand la fatigue l’emporte et que la quiétude à venir paraît lointaine.
Et pourtant, la Grande Semaine va le redire : le Christ a traversé la mort et est ressuscité pour que, quoi qu’il arrive, nous ayons sa Vie, que nous soyons des vivants en Dieu. En rendre grâce et en faire son roc.
Rendre grâce a aussi cette vertu de nous détourner de nous-mêmes, de nos problèmes, petits ou grands, bénins ou graves, pour nous tourner vers Dieu.
Et ce décentrement pour mieux se recentrer sur Dieu remet à sa juste place les différents éléments de la vie quotidienne, du lever au coucher du soleil de nos vies.
Et si, comme le dit le verset du psaume 118 inscrit sur la paume, à tout instant l’homme expose sa vie à Dieu dans le souvenir de sa loi, l’examen se conclut non sur l’engagement à la réparation mais sur une remise ultime de soi à Dieu, en un Notre Père qui le loue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oui, mais c’est un « kit » jésuite, direz-vous.
Certes. Cependant la page de titre de l’exemplaire ici présenté montre, grâce à son estampille, qu’il fut le bien de la communauté des dominicains de Gand.
Et le bien spirituel d’Un Ordre est le bien de toute l’Église, Corps du Christ.
Il ne peut qu’être recommandé de ne pas s’en laver les mains mais d’en bénéficier.