A quel saint se vouer ? (5)

Pour Frère Étienne Harant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les réseaux sociaux de la Province des dominicains de Toulouse publient ces temps-ci les magnifiques calligraphies de Frère Étienne sans indiquer s’il s’agit d’œuvres de confinement.
En réalisant cette croix-ostensoir, Frère Étienne s’est inscrit dans une longue tradition qui ne compte pas moins que saint Thomas d’Aquin lui-même.

La tradition dominicaine aime à présenter une croix tissée de mots comme étant la croix de saint Thomas d’Aquin. On la retrouve copiée, gravée, peinte sur différents supports et ayant traversé les siècles pour dire la confiance en la Croix du Christ, Salut des hommes.
Au cœur de la croix, chacun peut repérer le « c » du mot Crux, croix.
En allant vers le bas ou vers le haut, à droite ou à gauche, des oraisons jaculatoires, cris du cœur, se lisent.

Crux est quam semper adoro, La Croix du Seigneur est ce que j’adore sans cesse
Crux mihi certa salus, La Croix est mon salut assuré

 

Crux mihi refugium, La Croix est mon refuge
Crux Domini mecum, La Croix du Seigneur avec moi

L’attribution de la prière calligramme à Thomas d’Aquin provient du fait que le saint, traumatisé enfant par un orage durant lequel la foudre tua sa sœur, redoutait plus que tout le tonnerre. Pour surmonter sa peur, il ne manquait de s’en remettre au Christ et de tracer sur lui le signe de la croix.

Cette croix d’oraisons jaculatoires n’a sans doute pas été créée par saint Thomas d’Aquin puisqu’elle est déjà insérée, par exemple, dans un manuscrit de poèmes de saint Venance Fortunat (530-600) conservé dans la bibliothèque de l’abbaye bénédictine de Saint-Gall en Suisse (St. Gallen, Stiftsbibliothek, Cod. Sang. 196, fol. 40). Le manuscrit est daté du Xe siècle.

 

 

 

 

Mais qu’importe ! La Croix du Christ n’appartient ni à un saint, ni à un autre. Elle est le « bien » offert à tout homme.
Vers elle, la foi et l’espérance s’élèvent.
Monseigneur Alexandre Renard (1906-1983), évêque de Versailles puis archevêque de Lyon, le savait, lui qui en possédait une version à porter autour du cou ou au bas de son rosaire. Il ne s’agissait pas d’une amulette mais le moyen d’avoir à portée de main cette prière commune que tant de cœurs avaient déjà récitée pour demander le salut.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que celle de Frère Étienne guide et soutienne à son tour les croyants.
Et qui sait ? Peut-être parlera-t-on un jour de la Croix-prière de Frère Étienne, comme l’on évoque la Croix-prière de saint Thomas d’Aquin, Croix de saint Venance Fortunat…
Et l’on dira qu’elle parut sur les réseaux sociaux au temps d’une terrible pandémie…

Pour une présentation par Frère Étienne de l’une de ses œuvres en forme de croix, cliquer ici.