Mahyeuc, Yves


YVES MAHYEUC (PARIS, AVANT 1647)

Portraict du Bon Yves Mayevc
Michel VAN LOCHOM (1601-1647), graveur
S. d. [avant 1647]
Burin
Épreuve rognée : 15,8 x 10,35 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, N2 Fol. (Mayeux, Yves), D 210100.

© Claire Rousseau

 

 

 

 

Lettre
Sous le portrait
Portraict du Bon Yves Mayevx Euesque de Rennes / Religieux de St. Dominique Confesseur des Roys Charles. VIII. / Louis XII et de la, Royne Anne Duchesse de Bretagne. apres / Son deces arriue le 20 Septemb. 1541 parut sur son Corps / [ces]te Croix miraculeuse et aujourdhuy ce sont plusieurs / [mira]cles a son sepulchre dans l’Eglise Cathedrale de Rennes / [Mic]hel van Lochom fecit et excudit Avec Privilegie du Roy

Image
Yves Mahyeuc est présenté presque en pied, de face, la tête légèrement tournée vers la droite. Il porte une mitre brodée et ornée de pierres précieuses. L’index droit est doté d’un anneau, sans doute épiscopal. Le prélat revêtu d’ornements liturgiques se tient debout les bras baissés et légèrement écartés en signe d’accueil. Sur la bande centrale de la chasuble, à hauteur de la poitrine est brodée une croix blanche à quatre branches inégales. Le reste des broderies est de type ornemental et le pan de l’étole qui apparaît sur la gauche est orné d’une croix grecque traditionnelle.
Le fond est composé de tailles croisées. Du coin supérieur droit part un rayon de lumière qui descend vers l’épaule gauche du prélat.

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque nationale de France, N2 Fol. (Mayeux, Yves), D 210100

Bibliographie
2010, PIC ; PROVOST, p. 85 ; Fig. 5. hors texte

Commentaire
L’intégration de la croix apparue sur la poitrine du prélat après sa mort aux broderies de la chasuble pose question. Fut-ce une façon de montrer que le signe miraculeux post mortem faisait partie intégrante de la vie du religieux évêque, telle une grâce spéciale indiquée par le rayon lumineux ?

La lettre met en valeur cinq données particulières au sujet d’Yves Mahyeuc :
– sa charge épiscopale à Rennes ;
– son appartenance à l’Ordre des Prêcheurs ;
– le fait qu’il fut confesseur des rois et de la reine (ce qui est vraisemblablement inexact mais résulte de la confusion entre Yves Mahyeuc et un oncle du même patronyme) ;
– le miracle de la croix apparaissant sur sa poitrine lors de son décès ;
– les miracles qui, à la date de l’exécution de la gravure, ont lieu sur son tombeau.
Ces données complètent et explicitent les signes transmis visuellement.

Dans la lettre, le « B. » qui précède le nom du religieux dans les gravures de Jean Mathieu et de Jean Ganière est ici explicité en « Bon ». Le mérite de l’inscription est d’éviter ainsi la dénomination « Bienheureux » qui transformerait la fama sanctitatis en reconnaissance officieuse et présomptueuse, usurpant le droit réservé à Rome de proclamer l’état de béatification.