Colombe de Rieti


COLOMBE DE RIETI (PARIS, 1635)

Sainte Colombe de Rieti
Grégoire HURET (1606-1670), graveur
Herman WEYEN (début du XVIIe-1672), éditeur
1635
Burin
C. de pl. : 20,8 x 12,6 cm

 

 

 

 

 

 

Planche pour Jean GIFFRE DE RECHAC (dit de Sainte-Marie, 1604-1660), Les Vies et actions memorables des Saintes Bien-hevrevses tant dv premier qve dv Tiers-Ordre du glorieux Pere & Patriarche S. Dominique. Composees selon l’ordre alphabetique de leurs noms. Par le Reuérend Pere Ian de Sainte Marie, Religieux du Nouitiat general de l’Ordre des Freres Prêcheurs de Paris. Premiere Partie, A Paris, Chez Sebastien Hvré, ruë S. Iacques, au Cœur bon, 1635, entre les pages 602 et 603.
Belgique, Gand, Bibliothèque universitaire – cote : DEPD.A3799.
Ici, France, Paris, Bibliothèque du Saulchoir, B 153.

© Claire Rousseau

Lettre
1. Dans l’image, sur une planchette tenue par le dominicain agenouillé
À gauche : Sœur N. / Sœur N. / Sœur N.
À droite : Sœur Colombe
2. Dans la marge inférieure
Sainte Colombe de Rieti Vierge professe du tiers ordre de Saint Dominique.
En deux colonnes
À gauche : Les Cieux vous ont choysi aussi bien que ces seurs / Sur vous Dieu a voulu que cet heureux sort tombe / Vous seres a IESVS sa belle et sa colombe. / Huret in. et fe.
À droite : Possedant desormais ses plus rares fauueurs / Aussi luy falloit il pour Epouse et Amante / Vne pure Colombe et vne ame innocente. / Herman Weyen excud.

Image
La scène se déroule à l’intérieur d’une église. Au centre, Colombe de Rieti, vêtue de l’habit de son Ordre, un rosaire à la ceinture, est agenouillée, presque de face, sur un emmarchement. Les bras croisés en apposition sur la poitrine, sa tête est auréolée de rayons. La religieuse lève les yeux vers le ciel. Au-dessus d’elle la colombe de l’Esprit-Saint plane. À droite, trois religieuses sont témoins de son élection divine. À gauche, un dominicain agenouillé tient en main une planchette sur laquelle le nom de Colombe est ratifié par un rayon lumineux céleste [Colombe doit mettre en œuvre ce qui est nécessaire pour désormais se conformer à la sainteté].

États
Premier état : pas de mention d’éditeur. Belgique, Gand, Bibliothèque universitaire – cote : DEPD.A3799
Second état, celui décrit : France, Paris, Bibliothèque du Saulchoir, B 5

Bibliographie
1856, LE BLANC, p. 406, n° 49 ; 1968, IFF, t. 5, p. 323, n° 140 ; 2016, LAZ, p. 271-272, n° 319 ; p. 318, n° 319 (cliché)

Commentaire
Le titre illustré de l’exemplaire de l’ouvrage conservé à Gand est signé Grégoire Huret et daté de 1636, soit une année après l’impression de l’ouvrage d’après la date du titre. Cet ajout résulte sans doute du succès du volume.
L’exemplaire de Gand comporte quatre autres planches, deux signées Daret (Agathe de la Croix et Catherine de Raconis), une Huret (Colombe de Rieti) et la dernière portant l’excudit d’Herman Weyen. Les mêmes graveurs œuvrèrent pour les planches du deuxième volume.
L’événement mis en scène est ainsi rapporté par Jean de Sainte Marie :
« Toutes 4. [Colombe et trois autres jeunes filles] auoient entendu vne predication d’vn de nos Peres, sur la grandeur & multitude des sains & bien-heureux de l’Ordre : Apres en auoir étallé plusieurs de toutes les villes, au moins des plus fameuses du monde, il n’en produit aucun, qui út honoré de sa naissance la ville de Rieti. Ce discours & cette circonstance émûrent tellement d’vne sainte curiosité ces quatre ieunes vierges, qu’elles fure[n]t exprés à nôtre Couuent, pour interroger le P. qui auoit prêché ; si dans Rieti iamais l’Ordre n’auoit û de sainte. À quoy le P. ne répondant directement, les exhorta de vouloir étre les premieres, & qu’au moins il y en û vne des quatre, qui prit à bo[n] écient le chemin pour l’étre. Elles se retirerent auec ce conseil, & tout ensemble auec dessein de l’executer : mais chacune voulant auoir sa part de cet honneur ; elles s’accorderent que celle-là seule des 4. emporteroit cette palme qui auroit la pluralité des voix. Le sort tomba sur la B. Colombe, qui fut vnanimement choisie de ses trois compagnes. Toutes 4. bien satisfaites l’vne d’auoir été nommée, & les autres d’auoir si bien rencontré, vinrent suplier le même Pere, qui les auoit auparauant si bien exhorté, de ratifier & confirmer leur nomination : il le fit, mais auec vn singulier contentement de son ame, voyant que ces ames angelique auoie[n]t expliqué si literalement le conseil qu’il leur auoit donné. La Bien-heureuse Colombe se voyant nommée pour étre l’honneur deuant Dieu & les hommes tant de son Ordre que de sa ville, redoubla tout aussitôt la ferueur de ses exercices, alongea son oraison, accourcit son sommeil, augmenta ses austerités, & retrancha le plus qu’elle pût des choses qui étoient necessaires à la nature[1][…]. »

[1] Jean GIFFRE DE RECHAC (dit de Sainte-Marie, 1604-1660), Les Vies et actions memorables des Saintes Bien-hevrevses, op. cit., p. 617.