Anedon, Dominique


DOMINIQUE ANADON (LYON, ?)

Domingo Anedon
Jacques FORNAZERIS (actif vers 1585-1619), graveur
S. d. [à partir de janvier 1603]
Burin
Feuille : 14,6 x 11,2 cm ; image au tr. c. : 13,8 x 11,1 cm
France, Paris, Bibliothèque nationale de France, N2 Fol., D074401.

© Claire Rousseau

 

 

 

Lettre
Dans la bordure de l’ovale entourant le portrait
F. DOMINGO. ANEDON. DE LA HORDEN. PREDICADORES

Sous le trait carré en bas, à droite (écriture manuscrite ?)
i fornazeris[1]

[1] Henriette Pommier lit un F[ecit] au-dessus du s de Fornazeris. En réalité, une mention a bien été grattée mais il est impossible d’y lire le début de ce terme qui serait fort curieusement placé par rapport au nom sauf si la mention originale a été grattée.

Image
Figure :
Dominique Anedon est présenté en buste, de face, la tête tournée vers la gauche. Sa couronne de cheveux est fournie et la barbe est soigneusement taillée. Le religieux est vêtu d’un habit qui surprend puisque le capuce de la chape est noir, tandis que les pans sont clairs. L’habit perceptible dans l’entrebâillement de la chape est même plus foncé que celle-ci[1]. Les nombreux plis sont également inattendus.
Fond : tailles concentriques et croisées
Bordure : ovale, souligné de deux traits à l’intérieur ; le haut de la bordure est orné d’une fleur crucifère et, sur la gauche de celle-ci, d’une guirlande d’enluminure.
Hors bordures : Quatre branches de quatre variétés de fleurs décorent les écoinçons. En bas, les branches divergent. En haut, elles convergent. Le fond des écoinçons est quadrillé de tailles.

[1] La description erronée d’Henriette Pommier est à regretter : « Anedon porte l’habit de l’Ordre des dominicains : robe blanche et scapulaire noir » (p. 348, n° 87). Cette mention ne correspond ni à l’image, ni à l’habit clérical de l’Ordre au sein duquel seuls les convers portaient un scapulaire noir.

États
Un seul état : France, Paris, Bibliothèque nationale de France, N2 Fol. (Anadon, Domingo), D 074401

Bibliographie
1856, LE BLANC, t. 2, p. 248, n° 4 (à Isaïe Fournier) ; 1868, ROBERT-DUMESNIL, t. 10, p. 186, n° 34 ; 1932-1935, LINZELER, t. 1, p. 358, n° 8 ; 2011, POMMIER, p. 348, n° 87.

Commentaire
Le plus probable est que la gravure ait été commandée après le décès de Domingo Anedon (Anadon, 1530-27 décembre 1602), au plus tôt en 1603, plus vraisemblablement à partir de 1604, lorsque sa vie rédigée par le frère Vincent Gómez commença à circuler, diffusant les hauts faits et miracles du religieux[1]. C’est également en 1604 qu’ une demande de béatification fut introduite par la cour parlementaire de Valence, en même temps que celles de Thomas de Villeneuve (1488-1555 ; béatifié en 1619 ; canonisé en 1658), de Jean Micon (1492-1555) lui aussi dominicain, de Nicolas Factor (1520-1583 ; béatifié en 1786) et de Pascal Baylon (1540-1592 ; béatifié en 1618 ; canonisé en 1690).

L’inscription en espagnol, avec un « h » initial au mot Orden, oriente les recherches vers une commande à destination d’un public hispanophone.
Il est cependant difficile de dire à partir de quelle œuvre un dessin fut proposé comme modèle au graveur. Deux portraits du religieux furent peints à l’heure de sa mort, l’un pendant son agonie, l’autre juste après son décès. Ces œuvres de Francisco Ribalta (1565-1628) sont aujourd’hui perdues. Il est donc impossible de dire la fidélité de l’estampe aux traits de ces portraits vraisemblablement diffusés par l’intermédiaire de dessins.
Le commanditaire des portraits peints fut un marchand dévot du religieux, Pedro Esquerdo. Est-ce par un réseau de marchands que parvint à Lyon la réputation de Domingo Anadon ? Ou bien la diffusion fut-elle interne à l’Ordre ?

[1] Pour une seconde édition, voir Vicente Gómez (?-1638), Verdadera Relacion de la vida, muerte, y hechos milagrosos del bendito P. F. Domingo Anadon portero, y limosnero del Convento de Predicadores de Valencia. Van añadidas cosas muy notables, co[n] vna Iusta Poetica, que en su alabança se tuuo el año 1606. Por el P. F. Vicente Gomez Dotor en Theologia, y Lector de Prima en el proprio Coue[n]to. A los muy Illustres señores Iurados de la insigue Ciudad de Valencia, Impressa en Valencia, junto al molina de Roucina, 1607. Le portrait de la page de titre est une xylographie.